En février 2025, l'usine Dumarey P
owerglide de Strasbourg a été le théâtre d'une restructuration majeure, marquée par le licenciement de 237 employés, soit près de 40 % de son effectif total. Cette décision, officialisée le 29 janvier 2025 par la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS), a pris effet le 18 février 2025.
Historique de l'entreprise
Dumarey Powerglide, anciennement connu sous le nom de General Motors Strasbourg, a été acquis par PUNCH Metals International (aujourd'hui PUNCH Motive International) fin 2012. Cette acquisition visait à préserver environ 1 000 emplois directs et 3 000 emplois indirects. L'usine s'est spécialisée dans la production de transmissions automatiques pour divers constructeurs automobiles, notamment BMW et ZF, ainsi que pour des fabricants en Chine, en Russie et en Inde.
La décision de réduire les effectifs découle principalement de la perte du principal client de l'usine, l'équipementier allemand ZF, qui représentait 85 % du chiffre d'affaires du site. En septembre 2024, ZF a annoncé la fin des commandes de boîtes automatiques huit vitesses, entraînant une diminution significative des activités de l'usine.
Cette annonce a conduit à une série de mouvements sociaux. En novembre 2024, les salariés ont entamé une grève reconductible et bloqué le site pour protester contre le manque de progrès dans les négociations avec la direction. Les revendications portaient notamment sur l'augmentation des indemnités de départ et la mise en place de mesures d'accompagnement pour les employés concernés.
Réactions syndicales et négociations
Les syndicats, en particulier la CFDT et la CGT , ont exprimé leur mécontentement face à la gestion de la situation par la direction. Ils ont critiqué la manière dont l'entreprise a puisé dans la trésorerie pour verser des dividendes à l'actionnaire principal, Guido Dumarey, au lieu d'investir dans la pérennité du site et la diversification des activités.
Les négociations entre la direction et les représentants du personnel ont été tendues. Après plusieurs semaines de discussions, un plan social a été validé, prévoyant des indemnités de départ comprises entre 20 650 et 50 650 euros, en fonction de l'ancienneté des salariés.
Conséquences pour les salariés
La validation du plan social a eu un impact profond sur les employés. Beaucoup, dont l'âge moyen est de 52 ans, se retrouvent confrontés à la nécessité de se reconvertir dans un marché du travail déjà tendu. Certains ont commencé à envisager des formations pour changer de secteur, anticipant les difficultés à retrouver un emploi dans l'industrie automobile, un secteur en pleine mutation vers l'électrification et confronté à une baisse de la demande pour les véhicules traditionnels.
Perspectives d'avenir pour le site de Strasbourg
L'avenir de l'usine de Strasbourg reste incertain. La direction de Dumarey Powerglide a indiqué explorer des opportunités de diversification, notamment en se tournant vers la production de composants pour véhicules électriques et hybrides. Cependant, la transition vers ces nouvelles activités nécessite des investissements significatifs et une requalification des employés restants.
Parallèlement, les autorités locales et les représentants du personnel appellent à un soutien accru de la part de l'État et des collectivités territoriales pour accompagner la reconversion du site et des salariés. Des discussions sont en cours pour identifier des partenaires potentiels et des projets susceptibles de redynamiser l'activité industrielle dans la région.
La restructuration de Dumarey Powerglide à Strasbourg illustre les défis majeurs auxquels est confrontée l'industrie automobile européenne, en pleine transition vers des technologies plus propres et durables. La dépendance à un nombre restreint de clients et le retard dans l'adaptation aux nouvelles tendances du marché peuvent avoir des conséquences dramatiques pour les entreprises et leurs employés. Il est essentiel que les acteurs industriels, les pouvoirs publics et les partenaires sociaux collaborent étroitement pour anticiper ces mutations et mettre en place des stratégies proactives, afin de préserver l'emploi et le savoir-faire industriel dans des régions comme l'Alsace.
Sources:













