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thumb argentMétallurgie : la FGMM-CFDT monte au créneau pour une vraie revalorisation des salaires et de nouveaux droits sur les entretiens de carrière

Il y a des rendez-vous qu'on attend avec un mélange d'espoir et d'agacement. Celui du 8 septembre dernier, entre la FGMM-CFDT et la Branche de la métallurgie, faisait clairement partie de cette catégorie. Deux dossiers étaient sur la table : la revalorisation de la grille des salaires minima et la refonte des entretiens professionnels, devenus depuis peu des « entretiens de parcours professionnel ». Sur le premier point, la copie patronale est restée blanche. Sur le second, les discussions démarrent, mais la CFDT prévient déjà qu'elle n'acceptera pas un simple copier-coller de la loi.

 

Une hausse du SMIC qui rebat les cartes de la grille métallurgie

Tout est parti d'une équation devenue intenable pour de nombreux salariés de la Branche. En février 2026, un avenant signé par l'UIMM, la CFDT, FO et la CFE-CGC avait acté une revalorisation moyenne de la grille des salaires minima hiérarchiques (SMH) d'environ 0,9 %, avec effet rétroactif au 1er janvier 2026. À l'époque, ce chiffre paraissait déjà juste. Depuis, le SMIC a bondi de 2,41 %, et l'écart entre les deux courbes s'est brutalement creusé.

Résultat : les deux premiers coefficients de la grille métallurgie se retrouvent aujourd'hui purement et simplement rattrapés par le salaire minimum légal. Concrètement, cela signifie qu'un certain nombre de qualifications, censées se situer au-dessus du SMIC pour refléter une compétence ou une ancienneté, ne rapportent plus un centime de plus qu'un poste non qualifié payé au minimum légal. Une situation que la FGMM-CFDT juge intenable, aussi bien pour le pouvoir d'achat des salariés que pour l'attractivité de toute une filière.

Dès le mois de juin, le syndicat avait donc interpellé l'UIMM (Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie) pour demander l'ouverture rapide d'une négociation de revalorisation. La séance du 8 septembre en est la traduction concrète.

 

Le poids de l'inflation sur le quotidien des salariés

Le raisonnement de la FGMM-CFDT ne s'arrête pas à un débat de chiffres entre partenaires sociaux. Il part du quotidien très concret des salariés de l'industrie : des factures d'énergie qui grimpent, des trajets domicile-travail de plus en plus coûteux, un budget alimentation sous tension. Autant de postes de dépenses qui, selon le syndicat, progressent aujourd'hui plus vite que les salaires eux-mêmes.

Cette tension n'est pas nouvelle dans la Branche. La négociation salariale de 2025 s'était déjà soldée par un échec, l'ensemble des organisations syndicales ayant rejeté une proposition patronale jugée trop faible. Il aura fallu attendre février 2026 pour qu'un accord voie enfin le jour. Autant dire que personne, du côté syndical, n'a envie de revivre un tel blocage à l'approche des négociations 2027.

 

Une revalorisation pensée aussi pour l'attractivité des métiers

Au-delà du pouvoir d'achat immédiat, la FGMM-CFDT défend une deuxième idée, tout aussi structurante : celle de l'attractivité des métiers industriels. La métallurgie traverse une période de transformation profonde, portée notamment par la transition écologique et la modernisation des outils de production. Or, ces mutations ne pourront réussir qu'avec des salariés expérimentés, formés et motivés à rester dans la filière.

C'est pourquoi le syndicat réclame une grille qui retrouve « l'esprit » de la nouvelle convention collective nationale de la métallurgie, entrée en vigueur en 2024 (IDCC 3248). Deux exigences précises reviennent dans le discours de la fédération : un premier coefficient nettement détaché du SMIC, pour que l'entrée dans le métier reste valorisante, et une progression significative entre les différents coefficients, afin d'éviter ce que les négociateurs appellent le « tassement » de la grille — c'est-à-dire des écarts de rémunération trop faibles entre les niveaux de qualification, qui finissent par décourager toute perspective d'évolution.

 

Aucune proposition concrète de la partie patronale : la déception syndicale

Sur ce premier dossier, la séance du 8 septembre n'a pas apporté la percée espérée. La FGMM-CFDT le dit sans détour dans son communiqué : aucune proposition chiffrée n'a été formulée par la partie patronale à cette étape. Un nouveau rendez-vous est déjà fixé au 6 octobre 2026 pour tenter de débloquer la situation.

L'enjeu du calendrier n'est pas anodin. Pour le syndicat, il est indispensable que cette négociation 2026 aboutisse rapidement, sous peine de voir les discussions salariales de 2027 s'ouvrir avec un retard jugé « insurmontable ». Autrement dit : plus l'accord actuel tarde, plus le calendrier social de l'année suivante se retrouve fragilisé.

 

Le deuxième chantier : l'entretien de parcours professionnel s'invite dans la Branche

Le second sujet abordé lors de cette séance de négociation change de registre, mais reste tout aussi stratégique pour les salariés : la mise en conformité de la Branche métallurgie avec la réforme de l'entretien professionnel.

Publiée au Journal officiel le 25 octobre 2025, la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 a en effet transformé l'ancien « entretien professionnel » en « entretien de parcours professionnel » (EPP), inscrit à l'article L. 6315-1 du Code du travail. Cette réforme, issue d'un accord national interprofessionnel conclu en juin 2025 sur l'emploi des salariés expérimentés, élargit sensiblement le contenu de l'entretien : il ne s'agit plus seulement d'évoquer les besoins de formation, mais bien d'analyser la trajectoire professionnelle du salarié dans sa globalité, avec des rendez-vous renforcés à certains âges clés de la carrière.

Concrètement, les branches professionnelles ayant déjà conclu un accord sur la périodicité de ces entretiens ont jusqu'au 1er octobre 2026 pour adapter leurs dispositions aux nouvelles règles nationales. C'est précisément ce chantier que doivent désormais mener l'UIMM et les organisations syndicales pour la métallurgie.

 

Des droits nouveaux plutôt qu'une simple transposition de la loi

Sur ce dossier, la FGMM-CFDT affiche une ambition claire : ne pas se contenter de recopier la loi dans la convention collective, mais profiter de cette négociation pour obtenir de véritables avancées pour les salariés de la Branche. Le syndicat met notamment en avant les spécificités de la métallurgie, en particulier ses fiches emploi et son approche de l'évaluation du travail réel, deux outils qu'il souhaite voir mieux articulés avec le nouvel entretien de parcours professionnel.

Trois revendications structurent pour l'instant la position de la fédération :

  • la possibilité, pour chaque salarié, de demander un entretien supplémentaire en dehors du cycle habituel ;
  • une révision des fiches d'emploi, des classifications et des évolutions de poste, pour que l'entretien s'appuie sur des repères à jour ;
  • un échange systématique sur la fiche d'emploi dès l'entretien de début de carrière, afin que la discussion sur l'évolution professionnelle démarre le plus tôt possible.

Pour la FGMM-CFDT, ce dossier s'inscrit dans une logique plus large de progression professionnelle, en cohérence avec l'esprit affiché par la convention collective nationale de 2024.

 

Rendez-vous le 6 octobre 2026

Les deux dossiers — grille des salaires et entretien de parcours professionnel — se retrouveront donc sur la table le 6 octobre prochain. Une date que la FGMM-CFDT présente comme un test de crédibilité pour l'ensemble des partenaires sociaux de la Branche. Le syndicat espère que cette séance permettra enfin des avancées concrètes, à la fois sur la rémunération des salariés et sur les nouveaux droits liés au suivi de carrière.

D'ici là, le dossier reste à surveiller de près pour tous les salariés de la métallurgie, en Alsace comme ailleurs : c'est bien lors de cette prochaine séance que l'on saura si 2026 échappe, ou non, au scénario du blocage déjà vécu l'année précédente.

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Sources :